TITRE : Hell
AUTEUR : Lolita Pille ( qui d'autre =p )
PRIX : Format Normal = 15 ¤
Livre de poche = 4.50 ¤
RÉSUMÉ :
Elle s'appelle Ella mais Hell lui convient mieux : elle a dix-huit ans, prend de la coke comme vous fumez des clopes, passe ses nuits dans les boîtes les plus chères de Paris, est griffée de la tête aux pieds, ne fréquente que des filles et des fils de, dépense chaque semaine l'équivalent de votre revenu mensuel, fait l'amour comme vous faites vos courses. Sans oublier l'essentiel : elle vous méprise profondément - étant revenue de tout sans avoir été nulle part. Avec tout ça, Hell s'ennuie : au fond, c'est à elle-même et ses semblables qu'elle en veut, sans parvenir à échapper à sa condition de mutante matérialiste : une vie sans désir, monotone, où chaque jour est pareil au précédent. Jusqu'au soir où elle tombe folle amoureuse d'Andréa, son double masculin, diabolique comme elle, et comme elle désabusé. Ils ne veulent pas être dupes de sentiments qu'ils ressentent et qu'ils méprisent à la fois. Leur couple est un corps à corps. Ensemble, six mois durant, coupés du monde, ils s'affranchissent du malaise qu'ils partagent. Mais bientôt, Hell est rattrapée par son démon : la poudre, les nuits blanches, le sexe... Déchirée par ses contradictions, incapable d'échapper à la spirale suicidaire qui l'emporte, elle quitte celui qu'elle aime passionnément, sans avoir jamais trouvé les mots pour le lui dire. Lorsque le dégoût reprend le dessus, lorsque, impuissante à vivre sans Andrea, elle s'apprête à revenir vers lui, il est trop tard. ( Sources : Editions Grasset )
MON AVIS :
On pourra dire ce que l'on veut de la jeune Lolita Pille, son livre est extraordinaire. Comme je l'ai déjà dit au dessus ce n'est pas du Baudelaire ni du Flaubert, vous n'aurez pas de superbes figures de styles, pas d'histoire d'amour qui se finit bien donc surtout pas de fin Hollywoodienne. Ce livre est tout simplement HUMAIN, il est vivant, il est prenant. On aimerait aider Hell à se sortir de ce tourbillon infernal que nous avons envié au moins une fois dans notre vie et qui au cours de l'histoire devient un enfer ( HELL ). Le message est clair : l'argent ne fait pas le bonheur. Je pense toutefois qu'il faut être assez ouvert d'esprit pour apprécier ce livre car la demoiselle Lolita ne prend pas des pincettes pour dévoiler la vie qu'elle mène et ce qu'elle pense autant de cette société que d'elle même.
Je l'avoue : enfin un livre qui n'idéalise pas la vie. C'est surement pour cela que les livres de L.Pille sont critiqués et descendus car ce n'est pas un tendre cocon, un nid douillet bien chaud, c'est la vie, dure et cruelle : impitoyable. Les gens n'apprécient pas souvent cet optique la car en général le livre sert d'évasion, de refuge. C'est l'endroit où tout est possible, où tout se finit bien mais Mlle Pille en a décidé autrement et je l'en félicite et l'encourage à continuer ainsi.
Un seul point est négatif cependant : parfois les descriptions sont lourdes et on s'y perd vite.
EXTRAIT :
« On tente de se distraire, on fait la fête, on cherche l'amour, on croit le trouver, puis on retombe. De haut. On tente de jouer avec la vie pour se faire croire qu'on la maîtrise. On roule trop vite, on frôle l'accident. On prend trop de coke, on frôle l'overdose. Ca fait peur aux parents, des gènes de banquiers, de PDG, d'hommes d'affaires, qui dégénèrent à ce point là, c'est quand même incroyable. Il y en a qui essaient de faire quelque chose, d'autres qui déclarent forfait. Il y en a qui ne sont jamais là, qui disent jamais rien, mais qui signent le chèque à la fin du mois. Et on les déteste parce qu'ils donnent tant et si peu. Tant pour qu'on puisse se foutre en l'air et si peu de ce qui compte vraiment. Et on finit par ne plus savoir ce qui compte, justement. Les limites d'estompent. On est comme un électron libre. On a une carte de crédit à la place du cerveau, un aspirateur à la place du nez, et rien à la place du c½ur, on va en boîte plus qu'on ne va en cours, on a plus de maisons qu'on a de vrais amis, et deux cents numéros dans notre répertoire qu'on appelle jamais. On est la jeunesse dorée. Et on a pas le droit de s'en plaindre, parce qu'il paraît qu'on a tout pour être heureux. Et on crève doucement dans nos appartements trop grands, des moulures à la place du ciel, repus, bourrés de coke et d'antidépresseurs, et le sourire aux lèvres... »